Ora rischiara

di Giovanna Iorio

Autore: Giovanna Iorio
Traduttore: Rose Sneyd
Curatore: Iolanda La Carrubba, Valerio Di Gianfelice
Illustratore: Aida Maria Zoppetti
Edizioni EscaMontage
Lingua: Italiano/Inglese
Collana: Plaquette poetica
Anno edizione: 2019
Pagine: 22 p.
EAN: 9788894355673
€10,00

“Vicende di casa e di strada, di parole concernenti il voyage che prima d’essere scritte si scrivono. L’invisibile sotto di me è la faccenda indicata da Giovanna come se niente fosse, come se il mondo non si esaurisse. Questo far finta di niente riporta a galla luoghi fantastici e universi in cui poter vivere. Una specie di tributo stemperato in poche pagine, ma bastanti a tenere in vita giochi infantili e giochi adulti con la sempre presente apprensione che il rifugio venga stanato e scomposto”. (Dalla prefazione a cura di Elio Grasso)

Traduzione a cura di Marilyne Bertoncini

Préface d’ Elio Grasso

On pourrait parler des éventuelles différences entre exotisme et ésotérisme, c’est possible, sans affoler nos esprits déjà mis à rude épreuve, ou du moins irrités, dans notre ère unidimensionnelle. Des décrets absurdes nous y ont amenés Mais la poésie devrait se tenir à l’écart, tout au plus se contenter de traverser les siècles voire les millénaires, se contenter des pyramides égyptiennes et aztèques ou, par exemple, de la traduction de l’Odyssée par Emilio Villa. Et à ce point,  j’ajouterais  l’introduction de Giorgio Manganelli aux poèmes de Giulia Niccolai dans le lointain, mais pas très lointain, 1981. Le lointain ou le proche sont perçus différemment selon les générations. Attention, j’appartiens à la génération à laquelle peut plaire l’odeur de la poudre  et même générer des étincelles de bonne qualité. Certains diraient « procédons dans l’ordre », mais là ce n’est pas possible, il ne s’agit évidemment pas de lectures désordonnées c’est clair, tout au plus de lectures quotidiennes vaguement improvisées comme quand on promène un  chien, et ce qu’on appelle hasard prend l’initiative. Les allusions à certains écrivains, cependant, ne sont pas accidentelles, ni l’attaque de cette note. En se promenant, on peut goûter à différents types de sols, surtout si on habite à la campagne, où certaines formations rocheuses sont vraiment dépaysantes. Elles inspirent des pensées clairement ésotériques, orientées vers quelque chose de spirituel. Des formes extérieures exotiques, car nous y portent des lectures d’enfance, quand un père posait Cristal Pensant de Sturgeon, La Cité,  de Simak et les Chroniques martiennes de Bradbury sur la table de chevet. Quel est le rapport de tout ceci avec la poésie, avec la lecture des fragments (je ne sais comment les appeler autrement) de Giovanna Iorio ? La diffusion des pensées à un certain âge permet de voyager dans le temps, de voir des choses qui ne se sont pas encore produites ou de retrouver ce qui semblait perdu dans un passé lointain. Et on  tombe follement amoureux des scènes bien faites, de pages qui se laissent feuilleter comme des papillons au bord de l’eau, tant que le temps nous portera vers des époques futures où tout est prêt, et réuni, pour l’aventure. Voilà un excellent point de départ pour cultiver la pertinence visuelle et concrète des noms cités et de l’auteur du livret ici présent. Désormais le futur est devenu contemporain, plus adulte peut-être (probablement pas), et il nous permet donc de faire des allers-retours sans nous soucier de technique, pour apprécier les merveilles jadis prophétiques qui,  aujourd’hui indiquent autant de  cartes, de feuillets volants,  doté d’une réelle vivacité. Incidents domestiques et du quartier, discours de voyage qui s’écrivent avant même d’être écrits. L’invisible en dessous de moi est la façon dont Giovanna indique ce qui semble ne pas s’être passé, comme si le monde était inépuisable. Cette façon de feindre que rien ne se passe fait ressurgir des lieux et des univers fantastiques dans lesquels on pourrait vivre. Une sorte d’hommage à petites touches en peu de pages, mais suffisantes pour maintenir vivants les  jeux d’enfance et de la mâturité avec toujours la crainte que le refuge ne soit débusqué et détruit. Le livret que vous lisez pourrait-il être sentimental ? Ou la subtile introduction à une méditation vespérale,  en robe de chambre, en attendant une nuit propédeutique ? Questions posthumes. L’autrice a sans doute pris grand soin de ne pas les poser, tandis que les délicats rouages ​​de son esprit tournaient délicatement sur eux-mêmes. Dans chaque élément,  un secret, rien à quoi s’attacher, juste un vague soupçon de détachement curatif, la simple indication de géographies rares et de dates calendaires tenues cachées mais perceptibles encore. Car,  tant que l’univers continue de s’étendre, quelque chose qui a eu lieu continue de propager son propre rayonnement. Mais à quel point une tasse de café dont le liquide ressemble au ciel est-elle ésotérique ? L’interrogation reste figée dans le fragment, enrichie par le regard peut-être un peu inquiet, mais claire comme le flanc d’un navire sous les tropiques. Ce sont elles, les ailes parfumées de la femme-papillon quand elle se posent sur le papier sans jamais se demander combien de temps elles vivront au soleil avant de racornir. Il y aura tout au plus un rayon de poussière chaque fois que nous sentirons la solitude affamée nous mordre, et que les voitures traverseront la desolation row qui évoque Dylan. Des poussières toujours, voyez-vous, puisque ceux de mon âge sont émus devant de belles nouvelles générations comme s’il n’y avait pas de Docteur Bloodmoney et autres dystopies qui ne font pas rire. Qui sait si les jeunes savent ce que signifie Bikini, en plus du fameux maillot de bain. Pendant ce temps, la femme papillon ferme les yeux et sent la mer. Tout se tient quand on lit l’article en question. La lumière change les contours des pensées. A bien y réfléchir, c’est justement la lumière qui transforme les 26 fragments en mémoire, une lumière qui éloigne les poisons de l’espèce, au prix même de quelques éclairs nostalgiques, et on imagine toutes les inventions dont j’ai parlé plus haut : reprise de récits d’enfance quand surgit le nouveau avec de petites touches et quelques coups de coude. Nous ne résolvons pas le mystère, tout comme ce fin livret (fin dans tous les sens) : cela n’aurait aucun sens pas plus que de décrypter l’horaire des trains. L’horaire et les 26 fragments sont utiles, chacune à sa manière. Il me semble y voir une série de cas délibérement posés là, car il est vrai qu’on ne jette jamais rien, et il est vrai aussi que la poésie se trouve dans les coins des livres et des maisons, dans les bibliothèques paternelles et les auteurs qu’on ne cessera jamais d’aimer. Alors amusez-vous à trouver vos plaisirs dans le livret de Giovanna, même parmi les astérisques placés entre un fragment et le suivant. Il est probable que se trouvent là les mouvements d’ailes les plus intéressants de la femme papillon. Parce qu’ils sont là pour unir toutes les distances.

……

peut-être cette pensée tortueuse voulait-elle finir chemin s’éloignant vers la maison de pierres lisses où le bruit des choses est plus doux

*

si je ferme les yeux je ne suis plus dans cette pièce j’écoute les os de la maison je blanchis lissée par la lumière elle coule sur les choses et sur ma voix si je ferme les yeux

*

mon coeur est fatigué le bruit d’une goutte d’eau dans une gouttière il pourrait mieux faire que ce petit ongle qui gratte à la vitre demandant à sortir demandant à entrer

*

sur la table une fine tasse bleue pourrait être le ciel je pose mes lèvres sur le précipice et reste suspendue au-dessus des sons

*

Je suis venu attendre dans une église la seule maison ouverte à part un bar et je n’ai pas faim dehors il y a le bruit des voitures qui roulent qui sait où si je ferme les yeux peut-être qu’on entend la mer la lumière rayonne à travers des vitraux en ogive et change le contour des  pensées, le visage des saints maintenant s’illumine

*

aujourd’hui je roule lentement et regarde les choses s’écoulent rapides à côté de moi et en moi il y a une lenteur dans le coeur une paresse peut-être ainsi le corps guérit-il un vaisseau à l’ancre du regard, je reste mêlée aux choses un faucon me suit je vois son ombre sur l’asphalte je roule lentement

*

oisive et blanche une rose ignore l’orage imminent j’étais sorti tant de sommeil dans ton cou penché je dois me libérer de ces images quelque chose accourt du fond même des choses je suis un enfant qui joue de la flûte parce que chaque instant terrestre est un carrefour ô sainte aux mains brûlées ravivées apprends-moi à réciter au hasard les vers d’Yves Bonnefoy

*

le parfum subtil des ailes de papillon sur mes doigts j’avoue ne pas croire au temps signes cachés de tapis magique deux parties différentes du dessin et qu’ils trébuchent  les visiteurs de toute façon la plus grande joie de l’absence de temps est de trouver papillons et plantes rares et l’extase autre chose encore difficile à expliquer ne faire qu’un avec le soleil et la pierre et le vent qui feuillette Nabokov

*

nous avons une seconde mémoire dont le fil court le long des heures d’ivresse une paire de pantalon et une chemise déchirée comme le long d’une chaîne incandescente le vin est le symbole du sang les vignes de  Lumbarda  s’enracinent dans la terre sablonneuse la poussière nous avait desséché la gorge le satyre préfère des scènes comme celle-ci il y a des situations dans lesquelles le sens profond des mots les plus familiers devient soudain manifeste contient le merveilleux ne suscite en nous nulle surprise elles sont toujours vivantes les îles mères des Héros elles refleurissent chaque année

*

tu t’aperçois au son de ces mots que le temps est fêlé devant le ciel s’entrevoit un autre ciel intact il ne reste qu’à retirer des couches à l’air immobile son après son révéler la muette étendue du sens providentiel arrive l’écho d’un tonnerre

*

le bruit ténu de l’herbe le soupir d’un portail la rêverie d’une clôture les yeux doux d’un troupeau soudain la course du temps trébuche sur les trous noirs des lièvres

*

un ange est tombé au milieu de rien le ciel s’est évaporé sont restés les poissons au fond d’un verre salés les yeux de  qui désarmé regarde les ailes sans vol un homme vêtu de noir recueille une pluie blanche dans un chapeau il offre des plumes aux passants il écrit sur les murs

*

un renard dort dans l’obscurité des os fragiles le silence est hirsute il a la fourrure rousse d’un animal sauvage

*

ne trompe pas le temps tu dois lui montrer le chemin la route qui avance tu ne dois pas le laisser revenir en arrière  il m’a suivi et maintenant il joue dehors avec la dernière lueur du jour il dénoue les rayons du soleil entre les vieilles maisons comme une tresse

*

écoute la nuit enfermée dans une noix elle sonne comme une coquille qui tombe dans le vide

10 11

ma grand-mère l’appelait le soleil malade un feu-follet presqu’éteint dans le miroir d’un lac j’ai envie de le sécher avec un chiffon et de le replacer dans le ciel soleil guéri. La lumière se dissout sur mon ombre la vie est cette tache sur le mur témoin de notre disparition

*

blanche est la couleur du temps vous avez  bien fait le vide est désirable les pensées n’ont plus de poids et rien ne se passe l’expérience de la nuit n’a pas besoin de gravité je suis la plume qui accompagne la pierre tombant ensemble cherchant le fond du jour

*

A la couleur sombre des roses on comprend que l’hiver a des épines le jour rampe dans la roseraie avec sa couronne pauvre christ

*

si je n’avais pas eu de seins je t’aurais nourri de rosée aurais mis le vert d’une feuille sur tes lèvres mais le lait est blanc pour une raison que l’on ignore à sa candeur on confie le cri dans le berceau

*

et si demain le monde cessait d’exister sauf le ciel et les hirondelles je serais le fil qui balance d’un néant à l’autre je joins les distances

*

12 13

maintenant je peux unir l’invisible sous moi le souffle d’un poisson qui effleure les rochers un vieil os et un crabe recule et me montre un fragile mécanisme le souvenir fermer les yeux prier à l’envers

*

et si je vivais parmi ces fleurs jaunes et si je respirais au rythme des buissons j’ai trompé un papillon le plus ingénu de tous m’a effleuré l’épaule

*

il y a une fête de grillons le long du chemin et le monde se tait les pierres sont chaudes n’en dérangez pas le chant traversons le en silence

*

se fige la voix au dernier hiver

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